Forts du «non» massif au référendum sur la Constitution européenne, les antilibéraux rêvent aujourd’hui d’unité. A quelques mois des élections, un terrain d’entente n’a pas encore été trouvé. Les candidatures se multiplient et les discussions tournent en rond. Les différents représentants de partis ou collectifs antilibéraux ne perdent pourtant pas espoir.
Mis bouts à bouts, les scores des antilibéraux aux élections présidentielles de 2002 représentent environ 15% des suffrages. Ce n’est pas assez pour espérer passer au second tour. Toutefois, une fois additionné à celui des Verts cette même année, ce score est supérieur au score obtenu par Jacques Chirac au premier tour. Sur le papier, une union entre tous ces mouvements semble être une étape logique pour faire de l’extrême gauche un pion majeur de l’échiquier politique hexagonal. Même si de minces efforts sont faits dans ce sens, dans les faits, l’union paraît toujours comme un doux rêve. Le collectif national Alternative à Gauche 2007 semble, pour le moment, être le plus enclin à regrouper les voix de la gauche antilibérale. En effet, un texte, adopté le 10 Septembre dernier, indique clairement que: «Nous voulons rassembler les forces antilibérales de gauche et créer une dynamique populaire et citoyenne autour d’un projet, d’une stratégie et de candidatures communes aux élections présidentielle et législatives.» Ce collectif unitaire (qui représente environ 10 000 à 15 000 militants) s’apprête à désigner officieusement, le 10 décembre prochain, son candidat aux élections présidentielles. Marie-George Buffet (PCF), Clémentine Autain (apparentée PCF), Patrick Braouezec (député PCF de Saint-Denis), José Bové et Yves Salesse (Fondation Copernic) seront alors départagés. Entre manque de crédibilité, d’exposition médiatique et populaire, ce vote est plus symbolique que déterminant. Olivier Besancenot a quant à lui déjà été désigné par la LCR pour qu’il la représente en 2007. Ce dernier n’écarte pourtant pas l’hypothèse unitaire: «je suis prêt à retirer ma candidature pour en soutenir une autre si un accord politique était trouvé entre tous les courants qui n’ont pas renoncé à transformer radicalement la société». C’est dans ce but qu’aura lieu le 8 novembre prochain une rencontre entre les représentants du collectif national et la LCR. Tous les courants de gauche ne sont pourtant pas les bienvenus.
L’union a ses limites
Arlette Laguiller (LO), qu’il serait aisé de croire favorable à une telle entente des antilibéraux, tient à sa sixième (et dernière) candidature. Elle tient pourtant à sa lutte finale: «Je ne vois pas pourquoi on veut absolument que je m'efface devant Bové, Buffet ou Autain. Je pense que j'ai d'autres choses à défendre.» Selon elle, le fait de s’être associé autour du «non» à la Constitutionla LCR que le non ne fait pas un ciment entre les associations, le PCF, José Bové, la minorité des Verts et les socialistes qui ont appelé à voter non. Derrière, il y a des politiques différentes.», déclarait-elle dans un discours au mois d’Octobre. Dans ce contexte, la vision de l’éternelle candidate de Lutte Ouvrière semble ironiquement être la plus lucide. Hormis le caractère antilibéral, il sera difficile de trouver une cohésion politique entre les différentes mouvances. Un des rares points sur lesquels les membres du collectif semble être d’accord concerne le second tour des présidentielles. Ils appelleront à voter pour le PS (en admettant que celui-ci passe le premier tour) car, comme le déclare Clémentine Autain sur Libération.fr: «Toutes nos sensibilités ont toujours appelé à battre la droite et l'extrême droite.» européenne n’engageait à rien à propos d’une politique unifiée et unitaire: «J'ai dit à mes camarades de la LCR que le non ne fait pas un ciment entre les associations, le PCF, José Bové, la minorité des Verts et les socialistes qui ont appelé à voter non. Derrière, il y a des politiques différentes.», déclarait-elle dans un discours au mois d’Octobre. Dans ce contexte, la vision de l’éternelle candidate de Lutte Ouvrière semble ironiquement être la plus lucide. Hormis le caractère antilibéral, il sera difficile de trouver une cohésion politique entre les différentes mouvances. Un des rares points sur lesquels les membres du collectif semble être d’accord concerne le second tour des présidentielles. Ils appelleront à voter pour le PS (en admettant que celui-ci passe le premier tour) car, comme le déclare Clémentine Autain sur Libération.fr: «Toutes nos sensibilités ont toujours appelé à battre la droite et l'extrême droite.»
Article rédigé le 31 Octobre 2006.