Le constructeur automobile américain General Motors ne s’alliera finalement pas avec le franco-japonais Renault-Nissan. Cet arrêt des discussions n’ébranle toutefois pas le désir du géant eurasien de se trouver un partenaire aux Etats-Unis. Ford semble désormais être le candidat idéal.
Le PDG de General Motors, Rick Wagoner, ne pratique pas la langue de bois pour justifier l’arrêt des discussions entre son groupe et celui de Carlos Ghosn. «Le projet n’était pas dans le meilleur intérêt de GM ni des actionnaires» car, toujours selon lui, «les synergies étaient substantiellement du côté de Renault-Nissan». A première vue, Nissan a effectivement le plus à gagner d’une alliance avec un constructeur nord-américain. Sixième constructeur aux Etats-Unis, Nissan doit consolider sa place sur ce marché. De plus, le groupe franco-japonais doit avoir une «part de marché significative sur le marché nord-américain» s’il souhaite rester compétitif face à Toyota, d’après Harald Hendrikse, analyste chez CSFB. De son côté, General Motors ne désire pas être détourné d’un plan de restructuration qui commence à porter ses fruits. En effet, après avoir perdu plus de 10 milliards de dollars en 2005, GM a réalisé de vrais bénéfices nets durant les deux premiers trimestres 2006.
Au Japon, les analystes sont globalement satisfaits de cette rupture des négociations. Fidèles à la tradition de protectorat nippon, ils estiment que c’est au constructeur japonais que l’alliance aurait coûté le plus cher. Dans un premier temps, ils se félicitent que Nissan n’ait pas à payer de prime pour rentrer dans le capital de GM. Et dans un second temps, les analystes estiment que Nissan doit prioritairement se concentrer sur le redressement de ses ventes plutôt que de chercher à conclure une alliance majeure. Les chiffres de la marque semblent valider ce raisonnement. Les ventes mondiales de la marque ont effectivement reculé de 6% alors que son bénéfice d’exploitation a diminué de 25% entre avril et juin 2006. Ces chiffres ne semblent pourtant pas décourager Nissan. La porte-parole du groupe Mia Nielsen a déclaré que Nissan est «toujours ouvert à une alliance avec un troisième partenaire, y compris un américain».
Chrysler et Ford demeurent les deux candidats potentiels à une alliance avec le géant franco-japonais. L’option Chrysler n’est pourtant pas réellement envisageable de par l’alliance déjà existante entre Daimler et Chrysler. Ford semble donc être le candidat le plus probable à un rapprochement avec Renault et Nissan. Malgré des difficultés similaires à celles subies par GM et dans une moindre mesure Chrysler, Ford propose une situation plus favorable à des discussions avec le groupe franco-japonais. Bien que Ford soit lui aussi en pleine restructuration, son positionnement sur le marché mondial fait de lui un partenaire idéal pour Renault-Nissan. La restructuration n’est pas un obstacle car «le groupe a plus de chemin à faire pour son redressement» estime Himanchu Patel de JPMorgan avant d’ajouter que Ford présente «une meilleure complémentarité de produits en Europe et des positions similaires sur des marchés émergents clés comme la chine». Le président de Ford, Bill Ford, semble être du même avis puisqu’il aurait officieusement contacté le patron de Renault-Nissan, Carlos Ghosn pour lui proposer un rapprochement en cas de rupture des négociations avec GM.
Article rédigé le 11 Octobre 2006
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