Cela fait plusieurs mois que Nicolas Sarkozy, candidat potentiel aux élections présidentielles de 2007, fait de l’ombre à Nicolas Sarkozy, ministre de l’Intérieur et président de l’UMP. Son inévitable candidature ne semble pas être du goût de tous au sein de l’UMP. Michèle Alliot-Marie pourrait en effet bien être un candidat électron libre, avec ou sans le soutien de son parti.
L’omniprésence de Nicolas Sarkozy sur la scène politique et médiatique semble confirmer son auto-désignation comme candidat officiel de l’UMP. Cette mainmise sur le parti agace et ce dernier pourrait bien être à l’aube d’une crise. Les dissensions internes à un parti politique ne sont pas l’apanage du Parti Socialiste. Historiquement, ce clivage à droite existe depuis les années 60 quand les gaullistes s’opposaient aux pompidoliens. Plus récemment, lors des élections présidentielles de 1995, Edouard Balladur s’était opposé au gaullisme d’emprunt de Jacques Chirac. Aujourd’hui, le conflit qui s’annonce au sein de l’UMP apparaît plus personnel qu’idéologique. Initialement, une candidature potentielle de Dominique de Villepin, ou même de Jacques Chirac n’était pas totalement exclue. Désormais, la candidature de Nicolas Sarkozy semble inévitable tant ce dernier multiplie les effets d’annonce et autres déplacements propres à un candidat en campagne.
La ministre de la Défense Michèle Alliot-Marie est toutefois la première à indiquer que le soutien de l’UMP n’a pour l’instant été offert à personne. Elle se réserve également quant à son éventuelle candidature. Elle ne confirmera ou n’infirmera pas sa décision avant début 2007 selon une interview publiée par Le Figaro. La réponse du ministre de l’Intérieur ne s’est pas fait attendre. Au micro de France Inter, il a en effet déclaré que les éventuels candidats doivent «se faire connaître avant la fin du mois de novembre». Le président de l’UMP doit être pleinement conscient des dommages que la candidature de Michèle Alliot-Marie pourraient porter sur la sienne.
Alliot-Marie de l’UMP ou l’UMP de Sarkozy
En se basant sur un point de vue purement symbolique et historique, la ministre de la Défense semblerait presque être le candidat naturel de l’UMP. En effet, Mme Alliot-Marie fut la dernière présidente du RPR (parti héritier du gaullisme duquel est issu l’UMP). Il convient également d’ajouter que les gaullistes ont toujours eu une intransigeance absolue à l’égard de l’extrême droite et des idées qu’elle représente. Le travail de séduction à l’encontre des électeurs de l’extrême droite effectué par Nicolas Sarkozy n’est donc pas pour rien dans la discorde qui règne donc en ce moment entre les deux ministres.
Initialement, elle n’était pas sérieusement perçue comme une candidate potentielle. Mais l’ouragan médiatique représenté par Ségolène Royal lui a peut-être donné des idées. «De nombreux militants me disent d’être candidate ou me disent que je suis la seule à pouvoir battre Ségolène Royal», a-t-elle par ailleurs déclaré dans les colonnes du Figaro. Il est également nécessaire de tenir compte de sa très grande popularité auprès des militaires. Pourtant, Michelle Alliot-Marie n’a pratiquement aucune chance de gagner les élections.
L’ancienne présidente du RPR déclare qu’elle se battra pour que l’union se fasse derrière le candidat «le mieux placé pour gagner». Paradoxalement, elle précise que le «soutien d’un parti est toujours préférable […] mais ce n’est pas indispensable». Son association, Le Chêne est d’ailleurs derrière elle, prête à la soutenir. Sa candidature représenterait pourtant un frein quasiment incontournable à l’accès de Nicolas Sarkozy à la tête de l’Etat. Derrière cette unité de façade se cache la détermination de Michèle Alliot-Marie. Il lui reste désormais une importante décision à prendre. A elle de juger si Nicolas Sarkozy d’accéder à l’Elysée vaut le sacrifice d’une éventuelle victoire de son parti aux élections présidentielles.
Article rédigé le 12 Octobre 2006
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