Mardi soir se tient le premier débat interne opposant les prétendants à l’investiture PS. Massivement plébiscitée par les sondés depuis plusieurs mois, Ségolène Royal joue ici sa candidature aux élections présidentielles de 2007. Pour les deux autres participants au débat, Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn, il s’agit de rattraper l’avance prise par leur concurrente.
Ségolène Royal doit impérativement présenter une ébauche de programme pendant le débat télévisé de mardi soir. Serrer des mains dans une foire et aller soutenir Michelle Bachelet au Chili ne suffit pas pour être candidat aux élections présidentielles. Bien plus politisés que le grand public, les adhérents au Parti Socialiste exigent de leur candidat qu’il ait un véritable programme à présenter. Mal à l’aise dans ce genre de confrontations, l’ancienne ministre de l’Environnement est consciente des enjeux de l’émission. Sa participation aux prochains débats organisés par le Parti Socialiste a par ailleurs été remise en question pendant plusieurs jours. De plus, ses récentes déclarations à propos de l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne («ma position est celle du peuple français») ont mis à mal sa crédibilité. Ne pas avoir présenté de programme jusqu’à présent ne joue également pas en sa faveur. Sans oublier que Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn peuvent tous deux rebondir sur de potentielles déclarations vagues de Ségolène Royal. Et ce, même si les candidats n’ont hypothétiquement pas la possibilité de s’interpeller directement durant toute la durée du débat. Cela ne peut que rassurer Ségolène Royal dont le camp, selon Le Parisien, avait demandé à la Chaîne parlementaire que les participants puissent s’exprimer par blocs de trente minutes sans interruptions, ni questions, ni commentaires. Les thèmes des questions sont déjà connus des candidats, chacun devrait donc se présenter préparé.
La dernière chance de Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn
Ségolène Royal mène actuellement une opération de séduction des Français qui semble porter ses fruits. Mais avant d’inciter ces derniers à mettre son nom dans les urnes, elle doit convaincre les adhérents du PS de lui accorder leur confiance. Et ces derniers ne sont pas encore totalement convaincus. Restent désormais à passer deux piliers du parti à la rose que sont Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn. La présidente de la région Poitou-Charentes, grâce à sa surmédiatisation, a déjà réussi à écarter d’autres concurrents potentiels dans la course à l’investiture. Jack Lang et François Hollande (Premier Secrétaire du Parti Socialiste et accessoirement compagnon de Ségolène Royal) ont tous deux rapidement abandonné, à contrecœur, leur rêve de candidature. Les sondages ne font toutefois pas fléchir Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius. Même si le but annoncé par les deux anciens ministres est de faire mettre en œuvre le projet socialiste avant tout, chacun estime proposer une vision de la France différente. Et pour renverser la tendance actuelle, ils comptent se servir des points faibles de leur principale rivale. Ils n’ont rien à perdre, n’étant pas, l’un comme l’autre, favoris des sondages.
Article rédigé le 16 Octobre 2006.
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