mercredi, novembre 01, 2006

Unifier pour plus lourd peser

Forts du «non» massif au référendum sur la Constitution européenne, les antilibéraux rêvent aujourd’hui d’unité. A quelques mois des élections, un terrain d’entente n’a pas encore été trouvé. Les candidatures se multiplient et les discussions tournent en rond. Les différents représentants de partis ou collectifs antilibéraux ne perdent pourtant pas espoir.

Mis bouts à bouts, les scores des antilibéraux aux élections présidentielles de 2002 représentent environ 15% des suffrages. Ce n’est pas assez pour espérer passer au second tour. Toutefois, une fois additionné à celui des Verts cette même année, ce score est supérieur au score obtenu par Jacques Chirac au premier tour. Sur le papier, une union entre tous ces mouvements semble être une étape logique pour faire de l’extrême gauche un pion majeur de l’échiquier politique hexagonal. Même si de minces efforts sont faits dans ce sens, dans les faits, l’union paraît toujours comme un doux rêve. Le collectif national Alternative à Gauche 2007 semble, pour le moment, être le plus enclin à regrouper les voix de la gauche antilibérale. En effet, un texte, adopté le 10 Septembre dernier, indique clairement que: «Nous voulons rassembler les forces antilibérales de gauche et créer une dynamique populaire et citoyenne autour d’un projet, d’une stratégie et de candidatures communes aux élections présidentielle et législatives.» Ce collectif unitaire (qui représente environ 10 000 à 15 000 militants) s’apprête à désigner officieusement, le 10 décembre prochain, son candidat aux élections présidentielles. Marie-George Buffet (PCF), Clémentine Autain (apparentée PCF), Patrick Braouezec (député PCF de Saint-Denis), José Bové et Yves Salesse (Fondation Copernic) seront alors départagés. Entre manque de crédibilité, d’exposition médiatique et populaire, ce vote est plus symbolique que déterminant. Olivier Besancenot a quant à lui déjà été désigné par la LCR pour qu’il la représente en 2007. Ce dernier n’écarte pourtant pas l’hypothèse unitaire: «je suis prêt à retirer ma candidature pour en soutenir une autre si un accord politique était trouvé entre tous les courants qui n’ont pas renoncé à transformer radicalement la société». C’est dans ce but qu’aura lieu le 8 novembre prochain une rencontre entre les représentants du collectif national et la LCR. Tous les courants de gauche ne sont pourtant pas les bienvenus.

L’union a ses limites

Arlette Laguiller (LO), qu’il serait aisé de croire favorable à une telle entente des antilibéraux, tient à sa sixième (et dernière) candidature. Elle tient pourtant à sa lutte finale: «Je ne vois pas pourquoi on veut absolument que je m'efface devant Bové, Buffet ou Autain. Je pense que j'ai d'autres choses à défendre.» Selon elle, le fait de s’être associé autour du «non» à la Constitutionla LCR que le non ne fait pas un ciment entre les associations, le PCF, José Bové, la minorité des Verts et les socialistes qui ont appelé à voter non. Derrière, il y a des politiques différentes.», déclarait-elle dans un discours au mois d’Octobre. Dans ce contexte, la vision de l’éternelle candidate de Lutte Ouvrière semble ironiquement être la plus lucide. Hormis le caractère antilibéral, il sera difficile de trouver une cohésion politique entre les différentes mouvances. Un des rares points sur lesquels les membres du collectif semble être d’accord concerne le second tour des présidentielles. Ils appelleront à voter pour le PS (en admettant que celui-ci passe le premier tour) car, comme le déclare Clémentine Autain sur Libération.fr: «Toutes nos sensibilités ont toujours appelé à battre la droite et l'extrême droite.» européenne n’engageait à rien à propos d’une politique unifiée et unitaire: «J'ai dit à mes camarades de la LCR que le non ne fait pas un ciment entre les associations, le PCF, José Bové, la minorité des Verts et les socialistes qui ont appelé à voter non. Derrière, il y a des politiques différentes.», déclarait-elle dans un discours au mois d’Octobre. Dans ce contexte, la vision de l’éternelle candidate de Lutte Ouvrière semble ironiquement être la plus lucide. Hormis le caractère antilibéral, il sera difficile de trouver une cohésion politique entre les différentes mouvances. Un des rares points sur lesquels les membres du collectif semble être d’accord concerne le second tour des présidentielles. Ils appelleront à voter pour le PS (en admettant que celui-ci passe le premier tour) car, comme le déclare Clémentine Autain sur Libération.fr: «Toutes nos sensibilités ont toujours appelé à battre la droite et l'extrême droite.»

Article rédigé le 31 Octobre 2006.

Le fabuleux destin de François Bayrou

En apparence effacé par rapport à Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy, François Bayrou est pourtant toujours dans la course à l’Elysée. Très en retrait par rapport à la droite, il n’est pourtant pas de gauche. Le président de l’UDF rêve désormais d’être le troisième homme en 2007.

François Bayrou est le candidat libéral social à mi-chemin entre la droite et la gauche. Pour sa deuxième candidature aux élections présidentielles, il propose un programme de rupture. Souvent associé à la droite, l’UDF mène pourtant une guerre ouverte à l’UMP (l’UDF avait refusé de totalement «fusionner» avec le RPR pour former l’UMP). Non content d’avoir menacé de placer une motion de censure lors du vote de la loi instituant le CPE, le parti centriste a également refusé de voter les budgets 2006 et 2007. Le président de l’UDF jouit de qualités qui plaisent aux Français. Un sondage réalisé fin septembre par le site agoravox.com le montrait en tête des intentions de vote. De plus, il dénonce ouvertement la collusion entre les grandes entreprises, les partis politiques et les médias. Selon lui, ces derniers «orientent» les Français vers un «choix préfabriqué». Constant dans ses idées, il n’a pas peur de dire ce qu’il pense. Sa solide expérience ministérielle fait de lui un candidat crédible. Si bien qu’il fait, à quelques mois de l’échéance, figure de troisième homme. Jean-Pierre Chevènement, perçu comme troisième homme potentiel avant les présidentielles de 2002, n’avait pas réussi à confirmer sa popularité lors du passage aux urnes. La situation des deux hommes n’est toutefois pas réellement comparable. Le parti de Jean-Pierre Chevènement, le Mouvement Des Citoyens, était relativement méconnu de l’opinion publique. Celui de François Bayrou, est historiquement reconnu par la population française, même si ses effectifs sont moins conséquents que ceux de l’UMP ou du PS. Et contrairement à Jean-Pierre Chevènement, François Bayrou dispose d’une place sur l’échiquier politique beaucoup plus propice à recevoir des voix de gauche ainsi que de droite.

Oui au «centrisme révolutionnaire»

En plus de proposer un programme de rupture et d’envisager une Sixième République, François Bayrou souhaite faire sauter les clivages droite-gauche. Son idée est de réaliser un gouvernement composé de représentants de partis de droite et de gauche destiné à résoudre les problèmes les plus urgents. Cette notion de gouvernement d’union nationale ne semble pas effrayer les Français. En effet, un sondage réalisé par le CSA à ce propos montre que plus des 70% des sympathisants du PS ou de l’UMP y sont favorables. Dans les faits, l’UDF gagne du terrain à droite comme à gauche. Depuis quelques mois, le parti centriste reçoit régulièrement de nouveaux adhérents venus des deux côtés (y compris des élus). Ces nouveaux éléments s’ajoutent à une structure qui, en cas de victoire, serait trop limitée pour construire et maintenir aussi bien un gouvernement qu’une majorité. Mais avant de penser à la victoire, il est capital que le contexte actuel change. Le leader centriste espère lui-même la fin du «sarko-ségolisme» d’ici quelques mois. Pour être présent et gagner au second tour, il faut que l’un des deux piliers médiatiques s’effondre et qu’il entraîne l’autre dans sa chute. Et même si au final François Bayrou ne devient pas Président de la République, il se voit bien à Matignon. Le président de l’UDF a en effet déclaré le 16 Octobre sur France Info qu’il accepterait «ce genre d’hypothèse» car «on devra gouverner demain au-delà de la frontière droite-gauche».

Article rédigé le 24 Octobre 2006.

L’heure de vérité pour Ségolène Royal

Mardi soir se tient le premier débat interne opposant les prétendants à l’investiture PS. Massivement plébiscitée par les sondés depuis plusieurs mois, Ségolène Royal joue ici sa candidature aux élections présidentielles de 2007. Pour les deux autres participants au débat, Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn, il s’agit de rattraper l’avance prise par leur concurrente.

Ségolène Royal doit impérativement présenter une ébauche de programme pendant le débat télévisé de mardi soir. Serrer des mains dans une foire et aller soutenir Michelle Bachelet au Chili ne suffit pas pour être candidat aux élections présidentielles. Bien plus politisés que le grand public, les adhérents au Parti Socialiste exigent de leur candidat qu’il ait un véritable programme à présenter. Mal à l’aise dans ce genre de confrontations, l’ancienne ministre de l’Environnement est consciente des enjeux de l’émission. Sa participation aux prochains débats organisés par le Parti Socialiste a par ailleurs été remise en question pendant plusieurs jours. De plus, ses récentes déclarations à propos de l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne («ma position est celle du peuple français») ont mis à mal sa crédibilité. Ne pas avoir présenté de programme jusqu’à présent ne joue également pas en sa faveur. Sans oublier que Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn peuvent tous deux rebondir sur de potentielles déclarations vagues de Ségolène Royal. Et ce, même si les candidats n’ont hypothétiquement pas la possibilité de s’interpeller directement durant toute la durée du débat. Cela ne peut que rassurer Ségolène Royal dont le camp, selon Le Parisien, avait demandé à la Chaîne parlementaire que les participants puissent s’exprimer par blocs de trente minutes sans interruptions, ni questions, ni commentaires. Les thèmes des questions sont déjà connus des candidats, chacun devrait donc se présenter préparé.

La dernière chance de Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn

Ségolène Royal mène actuellement une opération de séduction des Français qui semble porter ses fruits. Mais avant d’inciter ces derniers à mettre son nom dans les urnes, elle doit convaincre les adhérents du PS de lui accorder leur confiance. Et ces derniers ne sont pas encore totalement convaincus. Restent désormais à passer deux piliers du parti à la rose que sont Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn. La présidente de la région Poitou-Charentes, grâce à sa surmédiatisation, a déjà réussi à écarter d’autres concurrents potentiels dans la course à l’investiture. Jack Lang et François Hollande (Premier Secrétaire du Parti Socialiste et accessoirement compagnon de Ségolène Royal) ont tous deux rapidement abandonné, à contrecœur, leur rêve de candidature. Les sondages ne font toutefois pas fléchir Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius. Même si le but annoncé par les deux anciens ministres est de faire mettre en œuvre le projet socialiste avant tout, chacun estime proposer une vision de la France différente. Et pour renverser la tendance actuelle, ils comptent se servir des points faibles de leur principale rivale. Ils n’ont rien à perdre, n’étant pas, l’un comme l’autre, favoris des sondages.

Article rédigé le 16 Octobre 2006.

Le rêve américain de Renault-Nissan

Le constructeur automobile américain General Motors ne s’alliera finalement pas avec le franco-japonais Renault-Nissan. Cet arrêt des discussions n’ébranle toutefois pas le désir du géant eurasien de se trouver un partenaire aux Etats-Unis. Ford semble désormais être le candidat idéal.

Le PDG de General Motors, Rick Wagoner, ne pratique pas la langue de bois pour justifier l’arrêt des discussions entre son groupe et celui de Carlos Ghosn. «Le projet n’était pas dans le meilleur intérêt de GM ni des actionnaires» car, toujours selon lui, «les synergies étaient substantiellement du côté de Renault-Nissan». A première vue, Nissan a effectivement le plus à gagner d’une alliance avec un constructeur nord-américain. Sixième constructeur aux Etats-Unis, Nissan doit consolider sa place sur ce marché. De plus, le groupe franco-japonais doit avoir une «part de marché significative sur le marché nord-américain» s’il souhaite rester compétitif face à Toyota, d’après Harald Hendrikse, analyste chez CSFB. De son côté, General Motors ne désire pas être détourné d’un plan de restructuration qui commence à porter ses fruits. En effet, après avoir perdu plus de 10 milliards de dollars en 2005, GM a réalisé de vrais bénéfices nets durant les deux premiers trimestres 2006.

Au Japon, les analystes sont globalement satisfaits de cette rupture des négociations. Fidèles à la tradition de protectorat nippon, ils estiment que c’est au constructeur japonais que l’alliance aurait coûté le plus cher. Dans un premier temps, ils se félicitent que Nissan n’ait pas à payer de prime pour rentrer dans le capital de GM. Et dans un second temps, les analystes estiment que Nissan doit prioritairement se concentrer sur le redressement de ses ventes plutôt que de chercher à conclure une alliance majeure. Les chiffres de la marque semblent valider ce raisonnement. Les ventes mondiales de la marque ont effectivement reculé de 6% alors que son bénéfice d’exploitation a diminué de 25% entre avril et juin 2006. Ces chiffres ne semblent pourtant pas décourager Nissan. La porte-parole du groupe Mia Nielsen a déclaré que Nissan est «toujours ouvert à une alliance avec un troisième partenaire, y compris un américain».

Chrysler et Ford demeurent les deux candidats potentiels à une alliance avec le géant franco-japonais. L’option Chrysler n’est pourtant pas réellement envisageable de par l’alliance déjà existante entre Daimler et Chrysler. Ford semble donc être le candidat le plus probable à un rapprochement avec Renault et Nissan. Malgré des difficultés similaires à celles subies par GM et dans une moindre mesure Chrysler, Ford propose une situation plus favorable à des discussions avec le groupe franco-japonais. Bien que Ford soit lui aussi en pleine restructuration, son positionnement sur le marché mondial fait de lui un partenaire idéal pour Renault-Nissan. La restructuration n’est pas un obstacle car «le groupe a plus de chemin à faire pour son redressement» estime Himanchu Patel de JPMorgan avant d’ajouter que Ford présente «une meilleure complémentarité de produits en Europe et des positions similaires sur des marchés émergents clés comme la chine». Le président de Ford, Bill Ford, semble être du même avis puisqu’il aurait officieusement contacté le patron de Renault-Nissan, Carlos Ghosn pour lui proposer un rapprochement en cas de rupture des négociations avec GM.

Article rédigé le 11 Octobre 2006

La face bien cachée de l’UMP

Cela fait plusieurs mois que Nicolas Sarkozy, candidat potentiel aux élections présidentielles de 2007, fait de l’ombre à Nicolas Sarkozy, ministre de l’Intérieur et président de l’UMP. Son inévitable candidature ne semble pas être du goût de tous au sein de l’UMP. Michèle Alliot-Marie pourrait en effet bien être un candidat électron libre, avec ou sans le soutien de son parti.

L’omniprésence de Nicolas Sarkozy sur la scène politique et médiatique semble confirmer son auto-désignation comme candidat officiel de l’UMP. Cette mainmise sur le parti agace et ce dernier pourrait bien être à l’aube d’une crise. Les dissensions internes à un parti politique ne sont pas l’apanage du Parti Socialiste. Historiquement, ce clivage à droite existe depuis les années 60 quand les gaullistes s’opposaient aux pompidoliens. Plus récemment, lors des élections présidentielles de 1995, Edouard Balladur s’était opposé au gaullisme d’emprunt de Jacques Chirac. Aujourd’hui, le conflit qui s’annonce au sein de l’UMP apparaît plus personnel qu’idéologique. Initialement, une candidature potentielle de Dominique de Villepin, ou même de Jacques Chirac n’était pas totalement exclue. Désormais, la candidature de Nicolas Sarkozy semble inévitable tant ce dernier multiplie les effets d’annonce et autres déplacements propres à un candidat en campagne.

La ministre de la Défense Michèle Alliot-Marie est toutefois la première à indiquer que le soutien de l’UMP n’a pour l’instant été offert à personne. Elle se réserve également quant à son éventuelle candidature. Elle ne confirmera ou n’infirmera pas sa décision avant début 2007 selon une interview publiée par Le Figaro. La réponse du ministre de l’Intérieur ne s’est pas fait attendre. Au micro de France Inter, il a en effet déclaré que les éventuels candidats doivent «se faire connaître avant la fin du mois de novembre». Le président de l’UMP doit être pleinement conscient des dommages que la candidature de Michèle Alliot-Marie pourraient porter sur la sienne.

Alliot-Marie de l’UMP ou l’UMP de Sarkozy

En se basant sur un point de vue purement symbolique et historique, la ministre de la Défense semblerait presque être le candidat naturel de l’UMP. En effet, Mme Alliot-Marie fut la dernière présidente du RPR (parti héritier du gaullisme duquel est issu l’UMP). Il convient également d’ajouter que les gaullistes ont toujours eu une intransigeance absolue à l’égard de l’extrême droite et des idées qu’elle représente. Le travail de séduction à l’encontre des électeurs de l’extrême droite effectué par Nicolas Sarkozy n’est donc pas pour rien dans la discorde qui règne donc en ce moment entre les deux ministres.

Initialement, elle n’était pas sérieusement perçue comme une candidate potentielle. Mais l’ouragan médiatique représenté par Ségolène Royal lui a peut-être donné des idées. «De nombreux militants me disent d’être candidate ou me disent que je suis la seule à pouvoir battre Ségolène Royal», a-t-elle par ailleurs déclaré dans les colonnes du Figaro. Il est également nécessaire de tenir compte de sa très grande popularité auprès des militaires. Pourtant, Michelle Alliot-Marie n’a pratiquement aucune chance de gagner les élections.

L’ancienne présidente du RPR déclare qu’elle se battra pour que l’union se fasse derrière le candidat «le mieux placé pour gagner». Paradoxalement, elle précise que le «soutien d’un parti est toujours préférable […] mais ce n’est pas indispensable». Son association, Le Chêne est d’ailleurs derrière elle, prête à la soutenir. Sa candidature représenterait pourtant un frein quasiment incontournable à l’accès de Nicolas Sarkozy à la tête de l’Etat. Derrière cette unité de façade se cache la détermination de Michèle Alliot-Marie. Il lui reste désormais une importante décision à prendre. A elle de juger si Nicolas Sarkozy d’accéder à l’Elysée vaut le sacrifice d’une éventuelle victoire de son parti aux élections présidentielles.

Article rédigé le 12 Octobre 2006

jeudi, mars 16, 2006

La Panthère Rose

Réalisation:
Réalisateur: Shawn Levy

Acteurs:
Steve Martin: L’inspecteur Jacques Clouseau
Kevin Kline: L’inspecteur chef Dreyfus
Jean Reno: Le gendarme Gilbert Ponton
Beyoncé Knowles: Xania
Henry Czerny: Yuri
Jason Statham: Yves Gluant

Scénario, production:
Scénaristes: Len Blum, Steve Martin
Producteur: Robert Simonds

Durée: 1h35
Année de production : 2004
Date de sortie: 8 mars 2006
Titre original: The Pink Panther

Synopsis:

Un célèbre entraîneur de football (Jason Statham) a été assassiné et l’inestimable diamant qu’il portait au doigt, la Panthère Rose, a disparu. L’inspecteur en chef Dreyfus (Kevin Kline) est chargé de l’affaire, mais il s’apprête à recevoir une décoration et ne peut se permettre un faux pas. Il décide, malgré les risques, de se décharger du dossier sur l’inspecteur Clouseau (Steve Martin)… De Paris à New York, l’inspecteur et son nouvel adjoint, le gendarme Gilbert Ponton (Jean Reno), vont devoir affronter malfrats, jeunes beautés, pièges et mensonges… Peu à peu, Clouseau progresse dans son enquête mais Dreyfus est décidé à en récupérer tout le prestige. Avec l’aide de Ponton et de sa secrétaire dévouée, Clouseau va devoir faire preuve de son légendaire talent pour découvrir le fin mot de cette affaire.

Critique:

Plus ou moins basé sur le film de Blake Edwards de 1963, les fans de la première heure attendaient ce «remake» de pied ferme, prêts à brûler les bandes en cas de déception. Pour les spectateurs les plus jeunes, la Panthère Rose peut à la rigueur évoquer un personnage présent sur de nombreux produits dérivés…

La lourde charge de reprendre le rôle du maladroit inspecteur Clouseau, rendu célèbre par Peter Sellers, a été attribuée à Steve Martin. Il faut l’avouer, ce dernier s’en sort plutôt bien, la comédie absurde étant après tout son genre de prédilection. Il demeure toutefois regrettable qu’une fois de plus, le rôle d’un personnage français, ait été offert à un acteur américain. Il n’était pas nécessaire de prendre un Américain qui en rajoute pour avoir un accent grotesque, la grande majorité des Français essayant de parler anglais n’ont que rarement besoin de se forcer pour obtenir le même effet… Jean Reno, qui joue ici, avec le flegme qui lui est propre, en est l’exemple même. La majeure partie de l’histoire de déroulant en France avec des personnages français, il semblerait presque judicieux de regarder le film en version française, afin de donner un certain réalisme au film. Les amateurs d’accents à couper au couteau se tourneront quant à eux vers la version originale. La barrière de la langue est toutefois sujette à des passages parmi les plus drôles du film. Une scène en particulier, où Clouseau essaye d’apprendre l’anglais ne peut que faire rire, et probablement rappeler des souvenirs à bon nombre de Français ayant pris des cours d’anglais à un moment où à un autre.

Globalement drôle, le film de Shawn Levy n’arrive pourtant pas à échapper à certaines lourdeurs. Le passage où Clouseau tente tant bien que mal de faire un créneau avec sa Smart aurait pu être largement écourté par exemple. Cette nouvelle version de La Panthère Rose ne marquera probablement pas la mémoire collective. Les spectateurs ayant une sensibilité particulière vis à vis des comédies burlesques devraient apprécier.

mercredi, février 22, 2006

Les news en bref

La commission européenne pourrait dès mercredi donner son accord pour la mise en œuvre, sous conditions, des plans français et néerlandais de vaccination contre la grippe aviaire. La France souhaite faire vacciner 900 000 canards et oies d’élevage venus de l’Ouest du pays, le Danemark prévoit quant à lui de faire vacciner ou enfermer cinq millions de volailles élevées en plein air. Ces plans divisent toujours les 25, hésitants à propos de la politique préventive à adopter.

L’enlèvement et le meurtre d’Ilan seraient liés à de l’antisémitisme selon la justice, le ministère de l’Intérieur, les associations antiracistes et la communauté juive. Alors que l’enquête progresse et que trois suspects ont été arrêtés, il a été révélé que si Ilan a été enlevé, c’est parce qu’il est juif et que «les juifs ont de l’argent». Le ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy parle de «motifs crapuleux et sordides» ainsi que «d’antisémitisme par de l’amalgame».

Le général Ratko Mladic aurait été arrêté selon la presse serbe. Le général, recherché pour crimes de guerre durant la Guerre de Bosnie a été l’objet de rumeurs contradictoires en Bosnie et à Belgrade durant toute la journée de mardi. Des sources officielles ne font état que d’une opération visant à sa capture, tandis que les autorités locales et le Tribunal pénal international de la Haye démentent officiellement toute arrestation.

Le décès d’une fillette mardi à Saint Denis de la Réunion serait probablement lié à l'épidémie de chikungunya. Touchant 15% des habitants de l’île et provocant de fortes fièvres ainsi que des douleurs articulaire, la maladie a été, depuis son apparition en février 2005, directement ou indirectement responsable du décès de 52 personnes. 500 militaires sont déjà sur les lieux afin de participer à des opérations de démoustication.

Ismaïl Haniyeh a été chargé mardi par le leader palestinien Mahmoud Abbas de former le premier gouvernement dirigé par des islamistes. Haniyeh, chef du mouvement radical Hamas, a reçu la lettre le chargeant officiellement de former le nouveau gouvernement au QG de l’autorité palestinienne en début de soirée. Le Hamas, qui ne reconnaît pas Israël, devrait étudier la lettre, qui lui demande entre autre de respecter les accords israélo-palestiniens, avant de donner sa réponse définitive au président.

En battant le PSV Eindhoven 1-0 à Eindhoven mardi soir, l’Olympique lyonnais a pris une option pour la qualification en quarts de finale de la Ligue des champions. A Turin, la France s’est offert le bronze grâce à la troisième place en relais biathlon 4 fois 7,5 kilomètres de l’équipe composée de Julien Robert, Vincent Defrasne, Férréol Cannard et Raphaël Poirret.

mercredi, février 15, 2006

Le 15 février 2006 dans la presse française : un navire, un chèque et deux morts.

A quelques jours de son arrivée dans les eaux territoriales indiennes, le porte-avions Clémenceau est omniprésent sur les couvertures des quotidiens français. Le Figaro en fait sa Une avec pour titre «‘Clémenceau’: l’imbroglio», titre accompagné d’une photo du navire militaire, alors que le Parisien annonce que «Chirac va gérer le dossier». Bien que paru hier, Le Monde en a également fait un de ses sujets majeurs, titrant son article: «Le ‘Clémenceau’ doit être considéré comme un ‘déchet dangereux’». Seul Libération ne fait aucune mention du navire sur sa couverture.

Le plan Borloo instaurant le «chèque-emploi service universel» est quand à lui le sujet de Une de ce dernier. Il titre en effet «Un petit chèque pour l’emploi». Le quotidien de Jean-Marie Colombani déclare à ce sujet que «Borloo lance un nouveau plan pour les emplois de service», tandis que Le Figaro propose à ses lecteurs de «Tous savoir sur les chèques emplois-services».

L’histoire du jeune homme décédé lundi après avoir été enlevé et torturé par un gang est mentionnée par le Parisien et Le Figaro en couverture.
Le décès à l’âge de 80 ans du comédien Darry Cowl est également présent sur les premières pages des quotidiens français puisque le comédien décédé est la photo de Une de le Parisien alors que Libération a également publié une photo de l’acteur.

Hormis ces quatre sujets, d’autres thèmes font la Une des différents journaux. En effet, Le Monde annonce que «L’ONU accuse les Etats-Unis d’actes de torture à Guantanamo» tandis que le Parisien explique que «Le virus progresse» à propos de la grippe aviaire.

vendredi, décembre 30, 2005

Il n’y a pas que Louis Vuitton dans la vie.

Il est fréquent, au cours d’une promenade dans Paris, de rencontrer des touristes japonais aux abords de boutiques de luxe, ou, appareil photo à la main, vous demandant de les prendre en photo devant un monument. Toutefois, certains décident de s’installer définitivement en France. Tchikako Urushibara fait partie de ceux-là.

Jeune femme ayant grandi à Tokyo, Tchikako Urushibara a toujours été intéressée par la langue et la culture française. En parallèle à ses études des Beaux Arts dans une université de la capitale japonaise, elle apprenait le Français. « Mon enseignante était Française mais durant ses cours, elle parlait plus en Japonais qu’en Français, déplore-t-elle, elle était installée au Japon depuis longtemps et son mari était Japonais donc elle parlait le Japonais aussi bien que nous. » Il y a quatre ans, elle décide de venir s’installer en région parisienne pour faire les Beaux Arts et perfectionner son Français. Ne parlant pas couramment la langue à son arrivée, elle va pourtant très vite apprendre. Aujourd’hui, elle parle un Français quasiment parfait naturellement teinté de son accent japonais. D’une politesse et d’une discrétion typiquement japonaise, elle s’excuse platement à la moindre erreur de langage commise. Toujours très intéressée par la France même après quatre ans passés dans l’Hexagone, elle voyage régulièrement aux quatre coins du pays afin d’en apprendre plus sur sa terre d’accueil. « Le seul problème est qu’en France, je mange trop » ajoute-t-elle d’un air amusé.

Une intégration aisée pour les Asiatiques.

L’attirance et l’intérêt des Français pour tout ce qui vient de l’Asie en général et du Japon en particulier n’est plus à prouver. La popularité des mangas et des jeux vidéo ainsi que le nombre de restaurants japonais ou même la passion avouée du Président de la République Jacques Chirac pour l’Archipel nippon, n’en sont que des exemples. La jeune femme s’en amuse : « la plupart des Français ne savent même pas que la grande majorité des restaurants japonais de France sont tenus par des Chinois. Ils ne savent également pas que les « kanji » (symboles utilisés dans l’écriture du Chinois et du Japonais) inscrits sur les vêtements ne veulent parfois rien dire. » Elle apprécie toutefois visiblement cet attrait des Français pour sa culture, attrait qu’elle a été surprise de découvrir lorsqu’elle est arrivée en France pour la première fois. C’est pour cette raison qu’elle donne des cours, particuliers ou en groupe, de Japonais à Maisons Laffitte dans les Yvelines. Plus sérieusement, elle avoue ne pas avoir eu de problèmes d’intégration depuis son arrivée en France. Elle ne sait pourtant pas si cela est dû à sa nationalité. Et lorsqu’il est question des émeutes du mois dernier, mademoiselle Urushibara n’éprouve pas de sympathie particulière pour les émeutiers et avoue avoir eu les mêmes craintes que n’importe quel citoyen français.

Article rédigé le 5 décembre 2005.

Le parti-pris des journaux télévisés.

Le court article qui suit a déjà été publié sur un autre site. J'ai décidé de le poster également ici car je ne sais pas combien de temps il restera sur l'autre. Pour les curieux, voici l'adresse où cet article a été rédigé initialement: http://fairplay.ouvaton.org/article.php3?id_article=39. Et maintenant, place à l'article:

Alors qu’il serait aisé de penser que les journaux télévisés se rangeraient plus facilement du côté du gouvernement que de celui des émeutiers vis à vis des émeutes qui ont eu lieu ces dernières semaines en France, de par l’appartenance sociale des dirigeants de ces chaînes, la vérité est en réalité tout autre. Opposant des « jeunes » de banlieues dites « sensibles », à une autorité résolument de droite, les journaux télévisés ont tout de suite pris le parti de défendre les agissements des émeutiers sous couvert des conditions de vie difficiles de ces derniers et de la discrimination dont ils sont les « victimes ». Il est même possible de se demander si les journalistes responsables du contenu des journaux télévisés ne souhaiteraient pas que la situation perdure. En effet, lorsque deux cocktails Molotov ont été lancés devant une mosquée (ne provoquant que des dégâts minimes), les journaux télévisés (de TF1, France 2…) sont longuement revenus sur les faits, alors qu’il est évident que ce n’est pas un sujet apte à faire retomber les tensions. Mais, curieusement, lorsqu’une église a subi d’importants dégâts, l’information n’a été que succinctement traitée… Dans le même registre, alors qu’il était interrogé par TF1, le ministre de l’Intérieur s’est vu rappeler le langage qu’il avait employé quelques jours plus tôt à propos des émeutiers (il avait parlé de « racailles », entre autre…). Les émeutes donnent des sujets chocs qui interpellent les téléspectateurs, pourvu que ça dure…

Article rédigé le 18 novembre 2005.

Les entreprises de l’ombre.

Outre les multinationales et les entreprises de service public, il existe en France de nombreuses Petites ou Moyennes Entreprises. A mi-chemin entre les grands patrons et les ouvriers, leurs patrons n’intéressent pas les médias. Comment vivent aujourd’hui ces entreprises ? Réponse trouvée chez une des intéressées.

Une survie difficile.

Située en banlieue parisienne (dans le Val d’Oise), la petite entreprise spécialisée dans la climatisation de Monsieur M. ne connaît actuellement pas de grandes difficultés. Toutefois, l’ombre des diverses taxes, impôts et autres charges sociales à payer régulièrement plane constamment au dessus des petits locaux. Il s’agit d’ailleurs d’un des premiers sujets à propos desquels Monsieur M. souhaitait s’exprimer : « il est très difficile pour une petite entreprise comme la notre de s’agrandir […] avec toutes les charges sociales que l’on paye on ne peut ni investir, ni embaucher… ». Il avoue qu’il a à plusieurs reprises pensé à s’installer à l’étranger pour ne pas avoir à reverser tant d’argent à l’Etat : « mais je ne parle pas anglais donc c’est difficilement réalisable ». Il n’en est d’ailleurs pas à son coup d’essai, sa première entreprise ayant fait le coup d’une liquidation judiciaire alors que lui-même a été interdit de travail : «un gros client ne me paye pas, les dettes s’entassent, les comptes en banque et la maison sont saisis puis vous êtes condamnés à ne plus pouvoir travailler… On ne vous aide pas vraiment à vous relever, on vous enfonce plutôt la tête dans le sol ».

Une main d’œuvre difficile à gérer.

Des faits d’actualité semblaient rendre perplexe Monsieur M. Après quelques instants d’hésitation, il commence : « nous avions besoin de personnel et nous avons décidé d’embaucher une personne en difficulté. Pendant son contrat, qui aurait du aboutir à une embauche définitive, il a obtenu un arrêt de travail de complaisance d’un mois pour une coupure qui n’a même pas nécessité de point de suture ! Quand on voit qu’un jeune homme, blessé au visage par un célèbre acteur n’a obtenu que deux semaines d’arrêt de travail alors que sa blessure a requis 32 points de suture, on a tendance à penser qu’il y a un problème quelque part. » La secrétaire, Madame L., ajoute alors que ce n’est pas le seul problème. Elle pense que tous les avantages sociaux n’incitent pas leurs bénéficiaires non qualifiés à travailler : « pourquoi travailler quand on peut être payé à ne rien faire ? » Monsieur A, qui travaille dans l’entreprise depuis 13 ans explique quant à lui que la plupart des jeunes venant travailler ne sont pas motivés et attendent que le temps passe : « quand ils ne se font pas arrêter sur les chantiers par la police… »

Article rédigé le 24 novembre 2005.

La Syrie présumée coupable.

La Syrie est au coeur d'une polémique depuis février dernier avec l'assassinat de l'ancien Premier ministre libanais Rafik Hariri. Retour sur neuf mois de polémique.

Un attentat comme détonateur.

Le 14 février 2005, l'ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri, ainsi que 9 autres personnes, trouvaient la mort à la suite de l'explosion d'une voiture piégée à Beyrouth, la capitale libanaise. Hariri avait démissionné de son poste en octobre 2004 après que le Parlement ait permis le prolongement pour trois ans du mandat du Président libanais pro-Syrien Emile Lahoud. Il avait ensuite apporté son soutien aux partisans du retrait des troupes syriennes (donc à l'opposition du gouvernement libanais pro-Syriens) du Liban avant les élections législatives prévues pour mai 2005. Cet attentat survint dans un contexte de fortes tensions politiques entre le Liban, la Syrie et les Etats-Unis, ces derniers accusant la Syrie de soutenir le terrorisme ainsi que de maintenir une présence militaire (d'environ 16 000 soldats) injustifiée au Liban. Le lendemain de l'attentat, la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice avait déclaré que bien que les Etats-Unis n'attribuaient pas la responsabilité de l'attentat à la Syrie, ils étaient persuadés que la présence syrienne au Liban ne pouvait apporter que de l'instabilité. Le Président français Jacques Chirac demandait quant à lui, dans un communiqué, une enquête internationale afin de déterminer les circonstances de l'attentat et que justice soit faite en ce qui concerne les responsables.

La Syrie face à l'ONU.

De par sa présence militaire continue au Liban, la Syrie était en violation permanente de la résolution 1559 du Conseil de sécurité de l'ONU (qui prévoyait justement le départ des troupes syriennes du territoire libanais, ainsi que le désarmement des milices). Alors qu'il avait annoncé un redéploiement de ses troupes le 5 mars, le président syrien Bachar-al Assad s'est ensuite engagé auprès d'un envoyé spécial de l'ONU à retirer totalement ses troupes ainsi que ses services de renseignement du Liban. Ce retrait s'est achevé au début du mois de mai et l'ONU a déclaré en être "satisfaite". En parallèle à ce retrait, l'ONU a mis en place une commission d'enquête internationale présidée par un magistrat allemand Detlev Mehlis à propos de l'assassinat de Rafic Hariri. Cette dernière aurait rédigé un rapport accablant Damas et, d'après une déclaration de Mehlis devant le Conseil de sécurité de l'ONU, reçu des menaces. Continuant de nier son implication dans l'attentat et espérant éviter les sanctions internationales, le Président syrien a lui aussi ordonné la création d'une commission d'enquête spéciale prête à coopérer avec celle de l'ONU, alors que le 31 octobre dernier, le Conseil de sécurité a adopté une résolution sommant la Syrie de coopérer. L'enquête de l'ONU prendra fin le 15 décembre prochain.

Article rédigé le 22 novembre 2005.

L'affaire Valerie Plame.

Quels sont les événements à la base d'une affaire qui a provoqué la polémique aux Etats-Unis et mis mal à l'aise l'administration de George W. Bush.

Tout a commencé en février 2002 quand à la demande de l'administration Bush, Joseph Wilson, un ancien ambassadeur des Etats-Unis, fut envoyé au Niger afin de vérifier la véracité d'un compte rendu d'espionnage rapportant que le pays aurait vendu de l'uranium à l'Iraq à la fin des années 90. L'uranium en question semblait destiné à aider la création d'armes nucléaires... Le 28 janvier 2003, dans son discours sur l'état de l'union, le président américain George W. Bush déclare que "le gouvernement britannique a appris que Saddam Hussein a récemment recherché des quantités signifiantes d'uranium en provenance d'Afrique" sans préciser que des organismes américains avaient douté de la validité des renseignements britanniques. Un élément qui a probablement joué un rôle essentiel dans l'évolution de cette affaire est survenu le 6 juillet 2003 quand Joseph Wilson a écrit un éditorial pour le New York Times où il expliquait qu'il n'avait pas pu vérifier que le Niger avait vendu de l'uranium à l'Iraq. En effet, la gestion de l'uranium étant surpervisée par d'autres pays tels que la France ou l'Allemagne ainsi que par des organismes internationaux, il semblait douteux que Saddam Hussein ait pu se procurer de l'uranium au Niger. Dans son article, M. Wilson est même allé jusqu'à déclarer: "je n'ai pas d'autre choix que de conclure qu'une partie des renseignements liés au programme d'armement nucléaire iraquien ont été transformés afin d'exagérer la menace iraquienne." S'en suit un article écrit par Robert Novak, un journaliste dont les articles paraissent dans plusieurs journaux américains où il a révélé que l'épouse de Joseph Wilson est Valerie Plame, un agent de la CIA spécialisée dans les armes de destruction massive, citant deux hauts fonctionnaires de l'administration comme étant ses sources. Trois jours plus tard, un article écrit pour Time.com par Matthew Cooper reprend cette information...

Deux ans plus tard, l'affaire touche à sa fin.

L'identité d'un agent de la CIA effectuant des missions d'infiltration ayant été révélée, une enquête a été lancée en septembre 2003 par la justice américaine afin de découvrir si il y avait eu une fuite d'informations confidentielles et si la divulgation de l'identité de Mme Plame constituait un crime fédéral. L'identité de l'agent secret n'en était pas un pour le vice-président Dick Cheney qui a parlé du travail qu'elle effectuait à son assistant Lewis Libby qui, à son tour, s'est entrentenu à ce sujet avec plusieurs journalistes, parmis lesquels se trouvait Judith Miller, reporter au New York Times qui a passé 85 jours en prison parce qu'elle refusait de divulguer l'identité de sa source à Patrick Fitzgerald, qui était chargé de cette enquête. Bien que le président Bush avait initialement déclaré que les personnes responsables de cette fuite seraient renvoyées de son administration, il n'a pas confirmé cette intention lors d'une conférence de presse tenue le 17 octobre dernier. Bien que la culpabilité de Lewis Libby soit désormais reconnue, le doute plane au sujet de Karl Rove, un proche assistant de George W. Bush. En effet, au fur et à mesure de ses témoignages devant le jury et de la tournure prise par l'affaire, son histoire évoluait. Déclarant en juillet dernier que des journalistes lui avaient révélé l'identité de l'agent de la CIA, il affirmait le 19 octobre 2005 qu'il était possible qu'il ait obtenu l'identité de Mme Palme à la suite d'une conversation avec Lewis Libby. Rove n'a pas été reconnu coupable mais demeure sujet d'une enquête. Cette affaire laisse planer le doute au sujet des intentions des républicains chevronnés que sont Dick Cheney et Karl Rove. Ont-ils délibérement révélé l'identité de Valerie Plame, la mettant elle et sa famille en danger, par simple amertume vis à vis des propos tenus par son mari au sujet des motivations réelles du gouvernement américain en Iraq?

Article rédigé le 30 octobre 2005.

Katrina: Catastrophe naturelle et politique.

Alors que la Nouvelle Orléans se remet lentement et péniblement du passage de l’ouragan, l’administration du président américain George W. Bush essaye de regagner un peu de la popularité qu’elle a perdue suite à l’attitude adoptée pour la gestion des difficultés causées par Katrina.

Un président ignore la crise, le gouvernement tarde à réagir.

Le jour où l’ouragan s’est abattu sur la Louisiane, le président Bush était en Californie et en Arizona pour s’exprimer au sujet de la nouvelle réforme du Medicare concernant la prescription de médicaments pour les personnes âgées. Le lendemain, il était en visite sur une base de la Navy proche de San Diego (Californie) pour célébrer le 60ème anniversaire de la fin de la Seconde Guerre Mondiale. Bien qu’il ait fait des déclarations publiques au sujet de l’ouragan à chacune de ces manifestations, les médias montraient quant à eux des images très contrastées entre des personnes en train souffrir et un président s’occupant d'autres choses. Le troisième jour, et bien qu’il avait écourté son séjour dans son ranch, le président américain a simplement survolé la zone touchée à bord du Air Force One, ce qui n’a fait qu’augmenter l’impression que Bush ne se sentait pas concerné, aux yeux de l’opinion publique américaine. Il n’a en réalité pas visité la région touchée avant le cinquième jour, ce que beaucoup ont considéré comme étant trop longtemps après le passage de Katrina.

Le 13 Septembre, à Washington, lors d'une conférence de presse jointe avec le président de l'Irak, George W. Bush est revenu plus en détail sur ce qui venait de se produire dans le Sud des Etats-Unis. "Katrina a exposé de sérieux problèmes de réactivité à tous les niveaux du gouvernement" avant d'ajouter qu'il acceptait de prendre la responsabilité des problèmes rencontrés "dans la mesure où le gouvernement fédéral n'a pas bien fait son travail". A une question lui demandant si la population américaine devait être inquiète au sujet de la capacité du gouvernement à répondre à une nouvelle attaque terroriste à la vue de sa réaction face à Katrina, le président a affirmé qu'il s'agit d'une question de la plus haute importance et "qu'il est dans l'intérêt national de découvrir ce qui s'est passé afin que nous puissions mieux réagir". Il a ensuite fortement insisté sur ce qui s'est "bien passé", déclarant: "je vais défendre les gens qui sauvent des vies".
Ce fut également l'occasion de la première intervention publique du nouveau directeur de la Federal Emergency Management Agency (Agence fédérale de gestion des crises) R. David Paulison qui avait été nommé la veille en remplacement de Michael Brown qui, bien que félicité par George W. Bush le 2 Septembre, avait démissionné le 12 septembre en partie suite à la demande de l'opposition démocrate. Paulison avait alors fait serment d'intensifier les efforts pour trouver des logements définitifs aux victimes de Katrina.

Alors que certains fonctionnaires fédéraux essayaient de placer le blame sur les fonctionnaires des Etats et de localités concernées parce qu'ils n'étaient pas préparés à faire face au désastre, le président Bush est revenu rapidement sur la responsabilité du gouvernement lorsqu'il s'est adressé à la nation en direct depuis la Nouvelle Orléans, le 15 Septembre. "Le système, à tous les niveaux du gouvernement, n'était pas bien coordonné et dépassé durant les premiers jours. Il est désormais évident qu'un défi de cette ampleur nécessite une plus grande intervention de l'Etat fédéral au même titre qu'il y a un plus grand rôle à jouer par les forces armées...". Il a également ajouté que le gouvernement devrait être capable de lancer une opération logistique massive en un instant. Il est toutefois revenu sur la capacité des agents d'organisations officielles à travailler avec la plus grande maîtrise dans les pires conditions.

Katrina a servi de dure leçon à George W. Bush.

L'approche d'un second ouragan (Rita) a permis au président américain d'essayer de regagner un peu de popularité, cette dernière ayant été très fortement affectée à la suite de la gestion désastreuse de Katrina. Alors qu'il n'avait pas interrompu ses vacances pour prévoir l'arrivée de Katrina, pour Rita, il était en première ligne. Alors que l'ouragan était encore dans le Golfe du Mexique, prêt à toucher la Louisiane et le Texas, le président Bush était à la base militaire de Colorado Springs afin d'obtenir les dernières nouvelles et s'assurer la bonne préparation des troupes militaires au cas où leur aide aurait été nécessitée. Le lendemain, quelques heures après le passage de Rita, il était au Centre des Opérations d'Urgence du Texas afin d'être informé au mieux de la situation; "je suis ici pour dire aux habitants du Texas que le gouvernement fédéral est ici pour vous aider en premier lieu dans la mission du sauvetage de vies, et ensuite pour vous aider à reconstruire ces vies" a-t-il alors déclaré. Toutefois, un sondage réalisé par CNN et le quotidien USA Today montrait le 18 Octobre que la popularité de George W. Bush continuait de s'effondrer, établissant un nouveau record avec seulement 39% des Américains interrogés approuvant sa politique face à 58% contre cette dernière.

Article rédigé le 23 octobre 2005.

Bienvenue chez moi!

Permettez moi de vous indiquez, chers lecteurs (en espérant que je ne resterai pas le seul à voir ce blog), ce que vous trouverez en ces lieux.

Comme certains d'entre-vous le savent peut-être, je suis étudiant en journalisme. Et, croyez-le ou pas, lorsque vous faites des telles études, vous êtes amenés à écrire des articles! Oui je sais, c'est assez surprenant. J'ai donc pensé qu'il serait peut-être utile de mettre tous les articles que je rédige dans le cadre de mes études (plus des bonus tracks) sur un site internet. Etant donné que le blog est l'outil à la mode et que je suis une fashion victim, ma décision fut aisée à prendre. Puisque vous êtes actuellement en train de lire ce message, je pense ne pas avoir à vous dire quel a été mon choix (si c'est le cas, envoyez moi un message, je vous expliquerai... ou pas)...

Les cours ont pour moi commencé début octobre 2005, il se peut donc que le contenu de mes premiers messages ne soient pas réellement d'actualité. Voilà, je pense que j'ai dit ce que j'avais à dire avant de réellement commencer. Je vous souhaite donc une bonne lecture et d'avoir la fève dans la galette.