La Syrie est au coeur d'une polémique depuis février dernier avec l'assassinat de l'ancien Premier ministre libanais Rafik Hariri. Retour sur neuf mois de polémique.
Un attentat comme détonateur.
Le 14 février 2005, l'ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri, ainsi que 9 autres personnes, trouvaient la mort à la suite de l'explosion d'une voiture piégée à Beyrouth, la capitale libanaise. Hariri avait démissionné de son poste en octobre 2004 après que le Parlement ait permis le prolongement pour trois ans du mandat du Président libanais pro-Syrien Emile Lahoud. Il avait ensuite apporté son soutien aux partisans du retrait des troupes syriennes (donc à l'opposition du gouvernement libanais pro-Syriens) du Liban avant les élections législatives prévues pour mai 2005. Cet attentat survint dans un contexte de fortes tensions politiques entre le Liban, la Syrie et les Etats-Unis, ces derniers accusant la Syrie de soutenir le terrorisme ainsi que de maintenir une présence militaire (d'environ 16 000 soldats) injustifiée au Liban. Le lendemain de l'attentat, la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice avait déclaré que bien que les Etats-Unis n'attribuaient pas la responsabilité de l'attentat à la Syrie, ils étaient persuadés que la présence syrienne au Liban ne pouvait apporter que de l'instabilité. Le Président français Jacques Chirac demandait quant à lui, dans un communiqué, une enquête internationale afin de déterminer les circonstances de l'attentat et que justice soit faite en ce qui concerne les responsables.
La Syrie face à l'ONU.
De par sa présence militaire continue au Liban, la Syrie était en violation permanente de la résolution 1559 du Conseil de sécurité de l'ONU (qui prévoyait justement le départ des troupes syriennes du territoire libanais, ainsi que le désarmement des milices). Alors qu'il avait annoncé un redéploiement de ses troupes le 5 mars, le président syrien Bachar-al Assad s'est ensuite engagé auprès d'un envoyé spécial de l'ONU à retirer totalement ses troupes ainsi que ses services de renseignement du Liban. Ce retrait s'est achevé au début du mois de mai et l'ONU a déclaré en être "satisfaite". En parallèle à ce retrait, l'ONU a mis en place une commission d'enquête internationale présidée par un magistrat allemand Detlev Mehlis à propos de l'assassinat de Rafic Hariri. Cette dernière aurait rédigé un rapport accablant Damas et, d'après une déclaration de Mehlis devant le Conseil de sécurité de l'ONU, reçu des menaces. Continuant de nier son implication dans l'attentat et espérant éviter les sanctions internationales, le Président syrien a lui aussi ordonné la création d'une commission d'enquête spéciale prête à coopérer avec celle de l'ONU, alors que le 31 octobre dernier, le Conseil de sécurité a adopté une résolution sommant la Syrie de coopérer. L'enquête de l'ONU prendra fin le 15 décembre prochain.
Article rédigé le 22 novembre 2005.
vendredi, décembre 30, 2005
Inscription à :
Publier les commentaires (Atom)

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire