mercredi, novembre 01, 2006

Le fabuleux destin de François Bayrou

En apparence effacé par rapport à Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy, François Bayrou est pourtant toujours dans la course à l’Elysée. Très en retrait par rapport à la droite, il n’est pourtant pas de gauche. Le président de l’UDF rêve désormais d’être le troisième homme en 2007.

François Bayrou est le candidat libéral social à mi-chemin entre la droite et la gauche. Pour sa deuxième candidature aux élections présidentielles, il propose un programme de rupture. Souvent associé à la droite, l’UDF mène pourtant une guerre ouverte à l’UMP (l’UDF avait refusé de totalement «fusionner» avec le RPR pour former l’UMP). Non content d’avoir menacé de placer une motion de censure lors du vote de la loi instituant le CPE, le parti centriste a également refusé de voter les budgets 2006 et 2007. Le président de l’UDF jouit de qualités qui plaisent aux Français. Un sondage réalisé fin septembre par le site agoravox.com le montrait en tête des intentions de vote. De plus, il dénonce ouvertement la collusion entre les grandes entreprises, les partis politiques et les médias. Selon lui, ces derniers «orientent» les Français vers un «choix préfabriqué». Constant dans ses idées, il n’a pas peur de dire ce qu’il pense. Sa solide expérience ministérielle fait de lui un candidat crédible. Si bien qu’il fait, à quelques mois de l’échéance, figure de troisième homme. Jean-Pierre Chevènement, perçu comme troisième homme potentiel avant les présidentielles de 2002, n’avait pas réussi à confirmer sa popularité lors du passage aux urnes. La situation des deux hommes n’est toutefois pas réellement comparable. Le parti de Jean-Pierre Chevènement, le Mouvement Des Citoyens, était relativement méconnu de l’opinion publique. Celui de François Bayrou, est historiquement reconnu par la population française, même si ses effectifs sont moins conséquents que ceux de l’UMP ou du PS. Et contrairement à Jean-Pierre Chevènement, François Bayrou dispose d’une place sur l’échiquier politique beaucoup plus propice à recevoir des voix de gauche ainsi que de droite.

Oui au «centrisme révolutionnaire»

En plus de proposer un programme de rupture et d’envisager une Sixième République, François Bayrou souhaite faire sauter les clivages droite-gauche. Son idée est de réaliser un gouvernement composé de représentants de partis de droite et de gauche destiné à résoudre les problèmes les plus urgents. Cette notion de gouvernement d’union nationale ne semble pas effrayer les Français. En effet, un sondage réalisé par le CSA à ce propos montre que plus des 70% des sympathisants du PS ou de l’UMP y sont favorables. Dans les faits, l’UDF gagne du terrain à droite comme à gauche. Depuis quelques mois, le parti centriste reçoit régulièrement de nouveaux adhérents venus des deux côtés (y compris des élus). Ces nouveaux éléments s’ajoutent à une structure qui, en cas de victoire, serait trop limitée pour construire et maintenir aussi bien un gouvernement qu’une majorité. Mais avant de penser à la victoire, il est capital que le contexte actuel change. Le leader centriste espère lui-même la fin du «sarko-ségolisme» d’ici quelques mois. Pour être présent et gagner au second tour, il faut que l’un des deux piliers médiatiques s’effondre et qu’il entraîne l’autre dans sa chute. Et même si au final François Bayrou ne devient pas Président de la République, il se voit bien à Matignon. Le président de l’UDF a en effet déclaré le 16 Octobre sur France Info qu’il accepterait «ce genre d’hypothèse» car «on devra gouverner demain au-delà de la frontière droite-gauche».

Article rédigé le 24 Octobre 2006.

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