vendredi, décembre 30, 2005

Katrina: Catastrophe naturelle et politique.

Alors que la Nouvelle Orléans se remet lentement et péniblement du passage de l’ouragan, l’administration du président américain George W. Bush essaye de regagner un peu de la popularité qu’elle a perdue suite à l’attitude adoptée pour la gestion des difficultés causées par Katrina.

Un président ignore la crise, le gouvernement tarde à réagir.

Le jour où l’ouragan s’est abattu sur la Louisiane, le président Bush était en Californie et en Arizona pour s’exprimer au sujet de la nouvelle réforme du Medicare concernant la prescription de médicaments pour les personnes âgées. Le lendemain, il était en visite sur une base de la Navy proche de San Diego (Californie) pour célébrer le 60ème anniversaire de la fin de la Seconde Guerre Mondiale. Bien qu’il ait fait des déclarations publiques au sujet de l’ouragan à chacune de ces manifestations, les médias montraient quant à eux des images très contrastées entre des personnes en train souffrir et un président s’occupant d'autres choses. Le troisième jour, et bien qu’il avait écourté son séjour dans son ranch, le président américain a simplement survolé la zone touchée à bord du Air Force One, ce qui n’a fait qu’augmenter l’impression que Bush ne se sentait pas concerné, aux yeux de l’opinion publique américaine. Il n’a en réalité pas visité la région touchée avant le cinquième jour, ce que beaucoup ont considéré comme étant trop longtemps après le passage de Katrina.

Le 13 Septembre, à Washington, lors d'une conférence de presse jointe avec le président de l'Irak, George W. Bush est revenu plus en détail sur ce qui venait de se produire dans le Sud des Etats-Unis. "Katrina a exposé de sérieux problèmes de réactivité à tous les niveaux du gouvernement" avant d'ajouter qu'il acceptait de prendre la responsabilité des problèmes rencontrés "dans la mesure où le gouvernement fédéral n'a pas bien fait son travail". A une question lui demandant si la population américaine devait être inquiète au sujet de la capacité du gouvernement à répondre à une nouvelle attaque terroriste à la vue de sa réaction face à Katrina, le président a affirmé qu'il s'agit d'une question de la plus haute importance et "qu'il est dans l'intérêt national de découvrir ce qui s'est passé afin que nous puissions mieux réagir". Il a ensuite fortement insisté sur ce qui s'est "bien passé", déclarant: "je vais défendre les gens qui sauvent des vies".
Ce fut également l'occasion de la première intervention publique du nouveau directeur de la Federal Emergency Management Agency (Agence fédérale de gestion des crises) R. David Paulison qui avait été nommé la veille en remplacement de Michael Brown qui, bien que félicité par George W. Bush le 2 Septembre, avait démissionné le 12 septembre en partie suite à la demande de l'opposition démocrate. Paulison avait alors fait serment d'intensifier les efforts pour trouver des logements définitifs aux victimes de Katrina.

Alors que certains fonctionnaires fédéraux essayaient de placer le blame sur les fonctionnaires des Etats et de localités concernées parce qu'ils n'étaient pas préparés à faire face au désastre, le président Bush est revenu rapidement sur la responsabilité du gouvernement lorsqu'il s'est adressé à la nation en direct depuis la Nouvelle Orléans, le 15 Septembre. "Le système, à tous les niveaux du gouvernement, n'était pas bien coordonné et dépassé durant les premiers jours. Il est désormais évident qu'un défi de cette ampleur nécessite une plus grande intervention de l'Etat fédéral au même titre qu'il y a un plus grand rôle à jouer par les forces armées...". Il a également ajouté que le gouvernement devrait être capable de lancer une opération logistique massive en un instant. Il est toutefois revenu sur la capacité des agents d'organisations officielles à travailler avec la plus grande maîtrise dans les pires conditions.

Katrina a servi de dure leçon à George W. Bush.

L'approche d'un second ouragan (Rita) a permis au président américain d'essayer de regagner un peu de popularité, cette dernière ayant été très fortement affectée à la suite de la gestion désastreuse de Katrina. Alors qu'il n'avait pas interrompu ses vacances pour prévoir l'arrivée de Katrina, pour Rita, il était en première ligne. Alors que l'ouragan était encore dans le Golfe du Mexique, prêt à toucher la Louisiane et le Texas, le président Bush était à la base militaire de Colorado Springs afin d'obtenir les dernières nouvelles et s'assurer la bonne préparation des troupes militaires au cas où leur aide aurait été nécessitée. Le lendemain, quelques heures après le passage de Rita, il était au Centre des Opérations d'Urgence du Texas afin d'être informé au mieux de la situation; "je suis ici pour dire aux habitants du Texas que le gouvernement fédéral est ici pour vous aider en premier lieu dans la mission du sauvetage de vies, et ensuite pour vous aider à reconstruire ces vies" a-t-il alors déclaré. Toutefois, un sondage réalisé par CNN et le quotidien USA Today montrait le 18 Octobre que la popularité de George W. Bush continuait de s'effondrer, établissant un nouveau record avec seulement 39% des Américains interrogés approuvant sa politique face à 58% contre cette dernière.

Article rédigé le 23 octobre 2005.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Salut , je suis moi , en train de préparer mes TPE sur le désengagement de l'Etat américain face à Katrina ! Tes articles m'ont éclaicis ! Merci . ( élève en 1ère ES )